notreCHAIREécole #4

1 juillet 2020
La chaire Futurs de l’industrie et du travail, Formation, innovation, territoires est dirigée par Thierry Weil, professeur à MINES ParisTech et conseiller de La Fabrique de l’industrie. Elle est soutenue par la Fondation.
Le Groupe Mäder, Kea Partners, Theano Adviors, Fabernovel et La Fabrique de l’industrie ont fondé cette chaire de recherche En 2019, le groupe Orange et Renault ont aussi rejoint l’équipe.

 

Interview de Thierry Weil

 

Pourriez-vous présenter en quelques mots la chaire « Futurs de l’Industrie et du Travail : formation, innovation, territoires », dont vous êtes titulaire ?
« Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises ne trouvent pas les compétences dont elles ont besoin, tandis que de nombreux actifs cherchent en vain des entreprises où ils aimeraient travailler. Des savoir-faire disparaissent, des territoires s’étiolent, la cohésion et la prospérité de notre société sont menacées. La chaire FIT2 étudie comment l’organisation du travail peut s’adapter aux enjeux de la transformation numérique, de la mondialisation des chaînes de valeur, de la préservation de l’environnement et des évolutions sociétales. »
Vous expliquez que « les entreprises ne trouvent pas les compétences dont elles ont besoin, alors que de nombreux actifs cherchent en vain des entreprises où ils aimeraient travailler ». Selon vous, à quoi est dû cette problématique ?
« Les jeunes connaissent mal la réalité des métiers et du travail dans les entreprises industrielles, comme malheureusement beaucoup de ceux qui les aident à s’orienter (enseignants, conseillers d’orientation, parents). Les entreprises fonctionnent souvent de manière trop hiérarchique et défiante, sans laisser à ceux qui font le travail assez de latitude sur la manière de faire et de s’organiser ; trop rares encore sont celles qui offrent des perspectives d’épanouissement personnel et explicitent une raison d’être à laquelle leurs salariés adhèrent avec enthousiasme. »
Votre chaire de recherche tente de trouver des solutions pour pallier ce problème. A ce stade, pouvez-vous nous donner un exemple concret d’outil ou de solution que vous avez trouvé ?
« Nous travaillons sur le design du travail. De même que les produits sont conçus en anticipant l’usage qu’en font les utilisateurs, les procédés de production doivent être construits avec les salariés qui les mettent en œuvre en prenant en compte leur expérience et leurs besoins. Nous explorons aussi les diverses manières de favoriser l’autonomie des salariés tout en veillant à l’efficacité de l’action collective. »
En quoi vos mécènes sont de grands soutiens dans votre recherche ?
« Outre leur indispensable financement, qui permet de payer les chercheurs associés à la chaire, certains de nos mécènes participent activement à nos travaux, nous apportent leurs questionnements mais aussi leurs témoignages sur les solutions qu’ils mettent en oeuvre. Ils nous font un retour précieux sur ce qui leur semble opérationnel et sur les sujets qu’ils souhaitent nous voir approfondir. »
A terme, quels effets pensez-vous que vos recherches auront sur notre société ?
« Nous cherchons à rapprocher les attentes des entreprises et des personnes qui y travaillent (d’où le nom de fit), à identifier et à promouvoir des méthodes qui contribuent à renforcer la confiance entre les personnes, une collaboration efficace permettant l’épanouissement des individus, la prospérité des entreprises et une meilleure contribution de tous à une société plus harmonieuse. »

 

Propos de Thierry Weil, recueillis par Emeline Roque

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